ce qui s’est accroché aux branches de juin
va nous servir d’apaisement
je note les échanges tremblés des jeunes
et des anciennes feuilles
qui jour et nuit habillent nos haies
ça virevolte drôlement depuis le solstice
depuis que l’obscur l’air de rien
remord sur les bonjours
elle a resurgi la vieille ombre où l’on va deviser
recoudre les vies ravauder les ratés
à force de petits mots
de sourires entendus de nous seuls
l’auvent secoue son drap sous l’ouest
pour nous dire de faire vite
et j’objecte à cette folle allure des souffles rageurs
la lenteur de l’écriture au bord de l’eau
ce chant
frêle esquif au bord de juillet
j’entends nettement les fraîches sonnettes des vélos
qui préviennent le présent
et chantent à l’étrave du texte qu’il fait bon clapoter
que l’eau et le sourire c’est même humeur
la barque sera chaude bien des jours
et ses flancs palpiteront sous la lumière
longtemps encore