Mois : avril 2026
trois petits poèmes sur le printemps
je l’accueille tranquille
toits et mains
dans le silence découpent
leurs présences anciennes
ravissements écrits
du veilleur aux aguets
la carrière croule
sous les pas qui cèdent
c’est la même terre
qui te tenait joyeux
quand enfant exalté
tu criais aux moineaux
le beau blé tout bleu
qui s’en vient sous mon pas
frissonne encore d’hiver
il confie qu’il ne peut
sous le ciel inclément
risquer un petit peu
ses épis
lunaison
hier
la mousse et les bruyères
s’apaisent sous mes pas
je ne suis que passage
mon ombre était hier
dans les halliers là-bas
et c’est tellement loin
amie tu te souviens
et moi je suis si lourd
myosotis
des yeux cerclés de bleu
se pressent en bouquet
que le vent fait trembler
mon présent se souvient
du vert d’avril prenant
c’était de toi à moi
caresses d’un regard
forêt
peu à peu impénétrable
comme nous et les ans
la forêt déplie ses bourgeons
parade nuptiale des feuilles
qui étouffent mes pas
et la clairière assombrie
implose au calme assourdissant
des oiseaux qui filtrent ma voix