les lilas blancs d’avril
hantés des tourterelles
sont vivement bousculés
par le souffle du vent
qui visite ma nuit
balayant de lourdes effluves
au fond de mes draps ébaubis
Le blog de Raymond Prunier
les lilas blancs d’avril
hantés des tourterelles
sont vivement bousculés
par le souffle du vent
qui visite ma nuit
balayant de lourdes effluves
au fond de mes draps ébaubis
avec les hirondelles
reviennent les balconnières
leur brun de terre cuite
fête ses rouges éparpillés
poitrines décolletées
les fenêtres s’endimanchent
leur bleu feuillu frémit au vent
La Voix
La voix c’est la vie. Les cordes qui vibrent (et que le violon transpose) articulent un sens. Je crois qu’ elles rassurent quand, dans la maison, on n’entend plus que le tictac de l’horloge et qu’affollé soudain on appelle un ami, une amie, une âme possible et qui parle et va répondre. Cela arrive à tous les vivants. On dit que les morts parlent mais c’est la mémoire qui articule à vide. Le bonjour du matin est un frais débordement sur l’obscur intérieur. Il est nécessaire pour faire revenir le jour, car la joie qui évoque le temps qu’il fait par exemple, allège le crâne débordant de remuements intimes. Mais tous parlent en même temps. C’est qu’animant l’air de notre voix, on habite le monde entier.
je l’accueille tranquille
toits et mains
dans le silence découpent
leurs présences anciennes
ravissements écrits
du veilleur aux aguets
la carrière croule
sous les pas qui cèdent
c’est la même terre
qui te tenait joyeux
quand enfant exalté
tu criais aux moineaux
le beau blé tout bleu
qui s’en vient sous mon pas
frissonne encore d’hiver
il confie qu’il ne peut
sous le ciel inclément
risquer un petit peu
ses épis
la mousse et les bruyères
s’apaisent sous mes pas
je ne suis que passage
mon ombre était hier
dans les halliers là-bas
et c’est tellement loin
amie tu te souviens
et moi je suis si lourd
des yeux cerclés de bleu
se pressent en bouquet
que le vent fait trembler
mon présent se souvient
du vert d’avril prenant
c’était de toi à moi
caresses d’un regard
peu à peu impénétrable
comme nous et les ans
la forêt déplie ses bourgeons
parade nuptiale des feuilles
qui étouffent mes pas
et la clairière assombrie
implose au calme assourdissant
des oiseaux qui filtrent ma voix