les murmures et la mer

se sussure souvent
entre le drap et l’oreiller
entre la vague et l’estran
un chuchotis secret
qui dit notre origine
les enfants sont l’écume
de cet horizontal fécond
où la mer et les mains
ne cessent au flanc des vagues
au bord des lèvres
de se donner la vie
la marée vers l’avant
le reflux au passé
s’échangent l’éternité
pensées et roulis
étreintes et ressac
se donnent au langage
chuintements qui s’apaisent
parfois par amour pur
sorte de sel fin
où les paroles virent alors au refrain
mantras d’une foi portative
réservée aux deux fidèles
à l’exclusion du monde parlant
nous voici prêtre et prêtresse
posés sur l’eau étale des draps
et méditant la vague
nous trouvons le silence

2 réflexions sur « les murmures et la mer »

  1. Beau poème encore, qui me remet en mémoire une chanson de Ferré.
    Ce blog est un refuge

    1. POUR MOI AUSSI c’est un refuge, merci de le voir ainsi, je me sens très encouragé à prolonger l’expérience dont j’ai du mal à dessiner les contours, ça écrit, voilà et recevoir vos impressions me fait chaud au coeur. Vous faites bien d’y voir Léo Ferré dont je me souviens la “mathématique bleue” et les “poumons de flanelle” qu’il charrie dans sa torrentueuse “mémoire et la mer”.

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