l’allée

il me semble qu’au bout de l’allée
s’engrave un château minuscule
malcommode inaccessible
or le chemin gravillonné a ses attraits
des chant profonds y couvent leurs doigtés
ça travaille en sous main bonne allure
des langueurs des siestes des sables
je médite mon avance souriante
bonjour madame le château n’est plus si loin
des mains se serrent élégantes
on s’effleure les joues baisers vides
j’entends la pluie qui se perd en route
le gravier pourvoit au souvenir des eaux
des galets égarés sur la place
content des histoires vécues
que j’écoute dans le crissement du crêpe
je me rappelle les visages d’Emma
Claudine Bérengère Alice
Et soudain il est là tout proche je me ressaisis
misère de l’allée qui s’achève
je vois le château agrandir son ombre
revoltant deuil des toitures
ça taille des chapeaux de carnaval
ce sont d’obliques verticales amidonnées de noir
je perds mes pas je perds mes pas