“Voici l’histoire de Robert Saint-Rose, surnommĂ© ZĂ©twal. Nous sommes en 1974 et la Martinique va mal. Les affrontements politiques se durcissent avec, en première ligne, le Parti Progressiste Martiniquais d’AimĂ© CĂ©saire, sĂ©vèrement rĂ©primĂ© par les autoritĂ©s. Pour prouver Ă la face du monde la fiertĂ© de son peuple, Robert Saint-Rose a une idĂ©e simple: ĂŞtre le premier Antillais Ă marcher sur la lune. AidĂ© par sa famille et ses amis, il entreprend de construire une fusĂ©e. L’Ă©nergie nĂ©cessaire au dĂ©collage sera puisĂ©e dans la puissance poĂ©tique des textes d’AimĂ© CĂ©saire, dĂ©clamĂ©s au moment du compte Ă rebours. Quelques jours après les premiers essais, ZĂ©twal et sa fusĂ©e disparaissent mystĂ©rieusement. Personne ne les reverra plus.” (TĂ©lĂ©rama N°3104)
Cette histoire “vraie” peut faire sourire. Il est plus intĂ©ressant de la prendre au sĂ©rieux; quantitĂ© de mythes beaucoup plus invraisemblables ont alimentĂ© la fondation de civilisations ou de religions; aujourd’hui quatorze juillet nous savons bien que la prise de la Bastille ne fut en rĂ©alitĂ© qu’une petite rĂ©volte dĂ©risoire oĂą le chef de la prison du roi perdit seul la vie: or, c’est notre Ă©vĂ©nement fondateur; c’est LA date clef de notre pays.
La rĂ©volte poĂ©tique de ZĂ©twal pourrait bien un jour, après une pĂ©riode de latence classique dans l’assise de tous les mythes, devenir la lĂ©gende fondatrice d’une nouvelle Martinique.