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brise
la brise est une voix qui vient de loin
au lit du printemps large
elle balaie cimes et brindilles
c’est un signal froid qui à l’intérieur se casse
elle rappelle le sérieux des hivers passés
tant d’années
elle ne cesse jamais vraiment ses voltes
douleur d’être
agitation des peines
déplaisir gentillet
à l’ombre des arbustes fraternels
aux joies éblouies et restreintes pourtant
j’entends à travers elle
une autre voix
chuchotis à peine audible
qui dit l’écho fini du temps
répète un jour un jour un jour
la brise est prophétesse soudain
je la croyais au passé mais je vois que c’est devant
au pays dont l’horizon s’approche
à pas menus au rythme des tourterelles
les iris bleus vont virer noirs
docilement ils se laissent balancer
attendant leur rôle au fond du jardin
lorsqu’ils entreront dans la couronne
la fameuse qui fait froid
et garde la menace en fond de gorge
au fond de l’air
la brise je crois dit souviens-toi
confiné au jardin
endormi
je frissonne
