seul à soi
on a la peau à vif
c’est un champ de chaumes dépouillé
je le longe
or la lumière d’octobre
qui vibre aux pointes des pailles négligées
appelle les oiseaux
ils signent de leurs ailes
le retour de ma belle
j’entre alors aux sillons
pour fouler l’ultime soleil
sur ce lac de terre au présent
et te voilà robe effrangée qui revient de l’horizon
contre le soleil
aux obliques éblouissantes
tu es la fraîcheur égale de janvier la joie de juin
ton rire dans les soirs orangés
réassure ma présence solide enfin
tu marches à mon côté
ombre double
on évoque les épis qui frémirent ici côte à côte
le silence page blanche n’exigeait que ce chant
mots doux émis là devant
je songe que j’ ai en moi les palpitations de ma belle
je ne suis jamais seul
quand je respire ton parfum