l’eau de Scilly éclate et s’allume
entre rocs et reflets
très antique histoire de côtes
sur l’eau transparente
qui ronge innocente
les pierres sombres
pour en faire des îles arrondies
multipliées éparpillées
à peine nommées
tant elles sont nombreuses
elles chantent au ressac
modestes parmi les taches bleues
elles émergent
comme des gorges assoiffées
touchantes et rudes
ce sont des blocs de siècles
de millénaires
sur l’océan têtu
masques vivants d’eau fraîche
je vois nos crânes
dessus les flots de la foule
quand on observe candide
l’éternité mobile
des visages qui parlent
à travers la brume écumante