nuit

vers le soir

les milliers de miroirs

sur les vagues mobiles

batifolent murmurant

presque sans bouger

rigidité froide

du couchant qui s’étale

la lumière se joue de l’eau 

préparant en surface

les étoiles noires du ciel à venir

les rocs si vivants tout à l’heure 

sont des navires à l’ancre 

masses d’ombre dégoulinantes

premiers fantômes

issus du sommeil de l’océan salé 

la paix prend place là-bas

le visage du jour nous quitte

ici aucune lumière publique 

l’obscur des pas seul résonne 

pour affirmer notre être

décalé de soi

soulagement de l’océan

c’est ainsi un seul chant 

qui s’époumone