des feuilles flottent fin novembre
comme affolées d’être encore à la cime
ultimes papillons de peupliers
elles se vantent de leurs envols
exploits d’or sur le trapèze de la brindille
elles ont hâte peut-être
de rejoindre leurs parentes tombées
qui se ruinent en bas
gorgées de pluie de pas
elles frétillent comme goujons ferrés
que le vent ne peut décrocher
le défi de ces médailles dorées
aura duré six mois et plus
elles font pièce aux oiseaux
murmurent des froissements de joie
minuscules chuchotis discrets
‘ce fut un arbre chantent elles
un arbre vif et presque chauve désormais
novembre peut bien souffler
un jour viendra c’est sûr où nous passerons’
je crois que la dernière à choir
dira le beau de la saison
aux crépuscules éblouissants
et j’en viens à souhaiter
qu’elles s’envolent enfin toutes
pour ramener les jolies vertes
des matins de mars
où mes pupilles s’enchanteront
de nouvelles petites feuilles