landes

lourdes de genêts

agrémentées de bruyères en fleurs

les îles sont zébrées de nos pas 

fermes et lents qui font le chemin 

contre le vent obsédé de soi 

les arbres cèdent en vieux routiers

qui ont connu toutes les colères 

ils font semblant d’approuver 

en lâchant aux sautes de souffle

une feuille ici ou là 

puis soudain dessus la haie

entre deux rocs la baie violette 

ouvre sa bouche contre l’horizon 

épousailles de bleus 

dans lesquelles se mêlent

du brun au rose toutes les teintes

alors émerge d’une écume 

impeccable immaculée 

la splendeur sombre des rocs ravinés

une survie est possible 

dans le désert des eaux 

on croit soudain à ces îles minuscules

qui chantent 

lyres horizontales 

la joie des terres

qui flottent en effet sur le fil des lointains