journée

les balayages des cimes

et bavardages des troncs

c’est l’ouest et ses oiseaux 

qui s’en viennent faire les échos et miroirs

des lacs encore glacés

il souffle aux étangs de l’aurore

un friselis gracieux 

qui arrache au clapotis des eaux 

l’allégresse des voix fières

d’être au présent 

mais voici un visage qui douce alarme

émiette sa mémoire en  plein midi  

mélancolie des bois 

je serre alors sa main

puis déployant son trésor 

je lui dévoile du bout du doigt

la ligne de vie 

à haute voix dans l’air déclinant déjà 

prophète des jours heureux 

et suivant sa paume crue 

je lis limpide 

son enfance aux cicatrices d’antan

tandis que des tant pis dévalent des phalanges

notes sombres des violes de gambe

où les marais du soir 

caressent les bruyères 

et font rosir dans ce printemps encore 

les lambeaux rampants de la nuit qui procède

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