tu sais ce murmure
à cheval sur nos vies dormies
puis éveillées par les fantômes de l’enfance
sans le fil du je me souviens
on patauge
il est peu de mots
on dirait des pas
mais à cette heure personne ne marche
ce sont de vieux pas rendors toi
le chien de fusil en protection peut-être
et puis le bouclier de l’oreiller
les tempes filles du temps reprennent
le rythme sourd qui me tient éveillé
c’est une pulsation
qui me mord la joue
je me retourne c’est ton dos
qui me porte et m’emporte
au creux des draps vrillés
comment fais-tu pour respirer
qui a dit qu’il fallait dormir
alors que l’orbe tourne indifférent
cette saoulerie de la terre dans le ciel
dans quel ciel
on ne sait plus
je vois des étoiles
Véga la croix du Cygne
et l’enfant là-bas
qui la montre du doigt
en pleine nuit