Les vagues les plus lointaines
tracent à main levée
une ligne si parfaite
qu’un effroi même sous le feu d’été
parcourt la colonne frêle qui me tient
je tremble alors de cet obscur glissé
au moment où les lames s’effacent
c’est un presque violet
nuit de mer
qui naît du bleu des eaux
frôlant le ciel
Joli !
J’ai feuilleté “Un visage appuyé contre le monde et autres poèmes” d’Hélène Dorion chez Poésie/Gallimard et cela m’a plu.
Bien à vous
Soleil vert
Hélène Dorion
Moi aussi, j’aime ses immenses espaces dans les tout petits poèmes; la densité qui précipite ces poèmes lents et méditatifs. C’est posé sur le blanc comme des pas sur la neige. On dirait que c’est la neige qui vient mordre sur le poème, car elle donne un puissant relief aux quelques mots posés là. Le coeur vibre sous la glace. les arbres innombrables invitent au frisson. Ce Canada glacé est-il menacé? Elle se penche sur ce grand corps pour l’écouter chanter encore.
Je vous parle d’un recueil sur lequel j’ai beaucoup médité: “mes forêts”.